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Essais routiers

BMW Z4 2009

Deux places pour épicuriens

Par Benoit Charrette

Nous savons que BMW changera sa Z4 au printemps 2009 pour l'Europe avec un petit décalage pour l'Amérique. L'information que nous avons réussi à grappiller ici et là nous dit que BMW prendra la même direction que la Série 3 et Mercedes-Benz avec sa SLK en offrant un coupé à toit rigide rétractable. Elle sera proposée avec une gamme fort complète de motorisations, y compris le nouveau 6-cylindres en ligne de 3 litres ! Quant au modèle haut de gamme, la M, elle pourrait très bien recevoir le nouveau V8 de 4 litres de l'actuelle M3. Tous les modèles seront équipés du BMW Efficient Dynamics, qui permettra une diminution sensible des émissions et de la consommation. Sous la carrosserie de cette Z4, on trouvera la nouvelle plateforme étrennée par le tout nouveau cabriolet Série 3 ! On laisse entendre que les proportions seront également en hausse, et que l'avant s'inspirera du concept CS présenté l'an dernier au Salon de Francfort. Mais pour l'instant, il faudra passer une autre année, ou presque, avec le modèle actuel.

Carrosserie

Si le style controversé des dessins de Chris Bangle ne semble pas toujours à sa place du côté des modèles BMW, il trouve tout son sens dans la Z4. Le langage des formes particulier de ce coupé lui confère une place unique dans le monde des petits roadsters. Surfaces convexes et concaves, arêtes vives et rondeurs suggestives, il a immédiatement relégué la Z3 au rang d'antiquité lorsqu'il s'est présenté sur le marché. Porte-à-faux réduit, capot démesuré, habitacle rejeté sur l'arrière, la Z4 a su reproduire l'essence des belles anglaises des années 50 et 60 dans une enveloppe moderne.

Habitacle

Il y a autre chose que la Z4 ramène de la belle époque des roadsters : le manque d'espace. Il faut composer avec un habitacle étriqué qui nous force à voyager léger. Les rangements sont minimalistes, et le coffre propose une capacité minimale. Toutefois, rien à redire sur la planche de bord qui offre une présentation sobre sans complication, comme le système iDrive qui a pratiquement fait le tour de la famille. On peut lui reprocher un revêtement moussé à l'aspect peu valorisant et sujet aux éraflures. Parmi les quelques autres irritants, on se doit de mentionner la petite surface vitrée, le recul insuffisant des sièges et une garde au toit un peu juste.

Mécanique

Réveiller les 6 cylindres en ligne de 3 et de 3,2 litres fait oublier les inconvénients d'un habitacle un peu trop exigu. Il est très libérateur de laisser s'exprimer les 255 chevaux du moteur de 3 litres, c'est une panacée contre la grisaille. Pour un coup de fouet supplémentaire, les 330 chevaux de la version M vous remonteront le moral à coup sûr. Ces motorisations affichent une santé de fer, ou plutôt d'aluminium, grimpant sans broncher jusqu'à 7 000 tr/min dans une sonorité grave propre à ravir les mélomanes. Les performances sont également au rendez-vous, bouclant le 0 à 100 km/h en 6 secondes pour le 3 litres et une seconde de moins en version M. Et la consommation demeure étonnamment bonne pour une voiture qui offre de telles performances. La boîte de vitesses manuelle est celle que je préfère, et c'est la seule offerte sur la version M. Vous avez également le choix d'une boîte auto-matique à 6 rapports avec le moteur de 3 litres.

Comportement

Le châssis très rigide encourage la conduite sportive. Les aides électroniques contribuent également à rehausser l'expérience de conduite et confèrent une agilité étonnante à la Z4. Même sur chaussée dégradée, le confort est préservé, mais on aurait souhaité une direction électrique moins paresseuse. Pour ceux qui versent dans le sport extrême, la version M vous en donnera plein les sens, mais il y a un prix à payer en retour. La suspension est sèche et devient désagréable sur terrains accidentés. Il sera également difficile d'exploiter adéquatement toute cette puissance sur une route publique au risque de se farcir une sérieuse amende.

Conclusion

La Z4 est un véhicule unique qui dégage un arôme très particulier. Il existe bien des concurrentes, mais au chapitre de l'expérience au volant, elle est inimitable. Souhaitons seulement que la prochaine génération suivra la même voie.

Deuxième avis : Frédéric Masse

Comme pour tous les produits BMW, la Z4 c'est d'abord une histoire de sensations. La voiture est un peu basse, mais une fois au volant, on y est bien. Rien à redire en ce qui concerne la position de conduite et les sièges avant. L'habitabilité est même très correcte pour un deux places. On regrettera juste le manque d'espaces de rangement. Sur la route, il faut aimer les montures viriles puisque la suspension réagit sèchement sur mauvais pavé, donc sur plus de 50 % du territoire québécois. L'insonorisation est bonne, mais sans plus; il y a heureusement le son du moteur qui joue toujours une musique intéressante. La concurrence se résume au couple Cayman/Boxster chez Porsche, la Nissan 350Z, bientôt 370Z, et la SLK. Pour moi, rien ne vient encore chercher les Porsche. Mais ceux qui ont la nostalgie des roadsters musclés des années 60 se retrouveront dans la Z4.