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Essais routiers

BMW X3 2009

Le petit char d'assaut du Kaiser

Par Daniel Rufiange

L'an prochain, le X3 exhibera de nouvelles lignes avec l'arrivée de la seconde génération du petit utilitaire trapu et massif de BMW. Le temps est bien venu pour ce dernier, qui affiche certes les lignes les plus discrètes des produits du constructeur bavarois. Toutefois, derrière cette image à peine timide se cache un petit joyau déjà pas mal poli.

Carrosserie

Plus timide que celle de son frérot, le X5, le X3 s'enorgueillit néanmoins de signatures BMW très mâles qui lui donnent une allure agressive. Que ce soit les phares avant, les rainures incrustées dans le capot et le profil, les marchepieds intégrés au bas de caisse et recouverts d'une applique d'aluminium ou tout simplement ces roues de 17 ou 18 pouces, selon la version, on ne se trompe pas en observant le X3; il est prêt à aller à la guerre. On attend cependant avec impatience la mouture de l'an prochain qui harmonisera ses lignes à celles des autres produits de la marque et s'inspirera du concept CS.

Habitacle

La présentation un peu fade de la planche de bord représente, à mon avis, le seul point faible à l'intérieur. Car pour le reste, on demeure obnubilé par la qualité des cuirs qui tapissent l'habitacle. Les sièges, fermes et enveloppants, se règlent à souhait et nous permettent de trouver notre position de conduite préférée. Même les appuie-tête nous font roucouler de joie; on en jetterait nos oreillers aux poubelles. À l'arrière, même confort, alors que les occupants jouissent de suffisamment d'espace pour ne pas se sentir prisonniers. Un bémol pour l'espace de chargement : de larges passages de roues en rétrécissent le volume, le plus faible de la catégorie.

Mécanique

Au menu 2009, un seul moteur demeure au programme. Le 6 cylindres en ligne de 215 chevaux disparait au profit du modèle à 260 chevaux. Au passage la boîte manuelle à 6 rapports est aussi reléguée aux oubliettes. Donc, le X3 offre maintenant 260 chevaux et une boîte automatique à 6 rapports. L'agrément de conduite est omniprésent et à l'usage l'est d'autant plus quand le système xDrive se manifeste, lui qui s'occupe de la répartition du couple plus rapidement que la meilleure connexion Internet à haute vitesse.

Comportement

On a beau savoir que le X3 bénéficie de la même plateforme que la Série 3, on demeure toujours impressionné du fait que, malgré sa masse (1845 kilos), son comportement se rapproche autant de celui d'une voiture. L'impression de solidité quand on prend le volant et qu'on se laisse aller sur n'importe quelle route nous transmet une impression d'invincibilité qu'il faut canaliser car le X3 est soumis aux mêmes lois de la gravité que tous les autres. La direction est précise, peu assistée - ce qui nous laisse encore plus de sensations -, le freinage, très puissant, et l'insonorité, excellente. Dans les faits, les seules différences par comparaison avec une Série 3 sont cette position surélevée, la sensation de lourdeur du véhicule et ce léger effet de roulis qu'on sent quand on pousse à fond; mais la tenue de route n'en souffre pas vraiment. Qui plus est, cet aplomb au volant se marie à une douceur de roulement des plus appréciables qui nous rappelle qu'il faut débourser une cinquantaine de milliers de dollars pour en profiter.

Conclusion

Le créneau des petits utilitaires de luxe est l'un des rares à être restreint en termes de choix. Outre le X3, l'Acura RDX, le Hummer H3, le Land Rover LR2 et le nouvel Infiniti EX35 s'offrent à vous. Alors que le premier n'est pas vraiment dans le coup, que le deuxième vous garantit des huées, et le troisième, de l'incertitude quant à sa fiabilité, le quatrième est le seul concurrent plus sérieux, mais souffre de ses dimensions un peu petites. Le X3 peut dormir sur ses deux oreilles.

Deuxième avis : Francis Brière

Même si l'on se questionne de façon tout à fait légitime quant à la raison d'être d'un tel véhicule, le X3 a fait ses preuves au fil des ans. Un bloc de béton sur un coussin d'air, telles étaient mes premières impressions au volant. Le confort ferme des sièges et le confort douillet des appuie-tête, la tenue de route exemplaire, la grande qualité des matériaux, comment pourrait-on ne pas aimer ! Si seulement BMW y glissait le moteur à 6 cylindres de 3 litres biturbo de la 335i, ce serait la consécration. Contrairement à ses rivaux nippons, le constructeur bavarois mise plutôt sur la qualité que sur la quantité. Bien entendu, il faut y mettre le prix. Voilà un choix intelligent.