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Essais routiers

BMW série 6 2009

Une deuxième hypothèque, chérie ?

Par Daniel Rufiange

À plus de 100 000 $ l'exemplaire, la Série 6 vise une clientèle fortunée. Dans un créneau qui comprend aussi les Maserati et Aston Martin, non seulement faut-il offrir un produit d'exception, mais il faut rivaliser d'adresse afin de séduire une clientèle pointilleuse, peu habituée à se contenter de peu, encore moins de produits qui la laissent sur son appétit. La Série 6 offre tout ce dont on peut espérer d'un coupé de grand cru, et pourtant…

Carrosserie

De toutes les créations nées du crayon de Chris Bangle, celle de la Série 6 m'avait, à l'époque, le plus dérangé. Les angles de ce museau pointu et arrondi à la Z4 avaient quelque chose d'anti-Béhème, et la tradition, du côté du constructeur allemand, on n'y touche pas ! Cinq ans plus tard, mon œil apprécie maintenant ce nez d'enfer auquel je ne reproche que ce joint qui sépare hideusement la calandre du capot. Le profil est à couper le souffle, et l'arrière, unique en son genre; on aime ou on n'aime pas, mais comment reprocher à BMW d'offrir, justement, l'exception ? Au catalogue, le coupé ou le cabriolet, si les quelques dollars (!) supplémentaires ne sont pas un embarras. Pour les purs et durs de la conduite, la M6, tonitruante de puissance et prête à prendre la piste. Au volant d'un cabriolet, lors de mon essai, j'ai observé de nombreux regards absorbés, signe que la monture ne laisse personne indifférent.

Habitacle

Même si la Série 6 argumente offrir quatre places, il faut être un peu cinglé ou très souple pour se taper de longs trajets à l'arrière. L'espace y est restreint et conviendra aux plus jeunes et aux tout petits. À l'avant, cependant, c'est la grande séduction. Les places sont généreuses, et les sièges, bienveillants. Toutefois, j'aurais préféré des sièges plus enveloppants, à la M6 ou à la 535; mon âme de pilote qui parle. Quant à la présentation, elle se révèle digne du produit et de la facture, à l'exception de quelques éléments dont un très irritant. BMW a muni ses modèles nord-américains d'un porte-gobelet qui prend place à la droite de la console centrale; ce dernier est mal fichu et défait un ensemble joli à l'œil. Le plastique qui ceinture les commandes pour les vitres ne cadre pas avec l'ensemble, détail qu'on ne devrait pas retrouver sur une voiture de ce prix. Pour le reste, ça respire la qualité.

Mécanique

À l'affiche, deux choix de moteurs mais pas d'options : c'est selon la version choisie. Les acheteurs de variantes de « base » hériteront du V8 de 4,8 litres qui développe « seulement » 360 chevaux et produit un couple de 360 livres-pied. Cet engin possède une puissance impressionnante; cependant, pour traîner les 1940 kilos de la bête, ça prend du muscle. En raison du poids, on n'a pas l'impression de conduire une bombe, mais on ne s'ennuie pas. Au pire, les 500 chevaux du V10 sont là et n'attendent que d'être fouettés et éperonnés par un cavalier qui sait pleinement les apprécier.

Comportement

Équilibre est le premier mot qui me vient en tête. Il faut vraiment prendre une série de courbes avec la voiture pour vraiment comprendre de quoi elle est capable. Son poids, qui peut être handicapant en accélération, lui donne un aplomb des plus impressionnants en virage. Ajoutez à cela une suspension bien calibrée entre le confort et la fermeté ainsi que des freins capables d'arrêter un train, et vos limites sont pratiquement infinies au volant.

Conclusion

J'en parlais plus haut, la concurrence est restreinte mais relevée dans ce créneau. Ce sont les détails qui font la différence et la BMW en a tout plein pour séduire… et refroidir. La Maserati GT se veut encore plus unique et raffinée, pendant que l'Aston Martin offre le rêve. Quant à elle, la Série 6… eh bien, c'est une BMW, qualités et défauts inclus, comme on l'aime. Le choix n'est pas facile, mais rendu là…

Deuxième avis : Francis Brière

La voiture de nos rêves est confortable, puissante, agile, belle, solide et pas chère. À part le dernier qualificatif, vous les trouverez tous avec une BMW de série 6. Si vous optez pour la version décapotable, alors là, c'est l'apothéose ! Le seul ennui, c'est que vous aurez besoin d'un portefeuille bien garni. Une fois à bord, on ne pense plus à la dépense. Les virages passent à toute vitesse mais rien ne paraît. La rigidité de la caisse et la calibration de la suspension font de petites merveilles. Les sièges offrent soutien, confort et de multiples ajustements pour trouver la position de conduite idéale. On descend de la voiture et on la regarde. Puis, vient le temps de faire son premier paiement...