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Essais routiers

BMW série 5 2009

Une affaire d'émotion

| Par Philippe Laguë

Nombreux sont ceux qui considèrent les berlines de la Série 5 parmi les meilleures voitures du monde. De génération en génération, elles se sont bonifiées, plaçant la barre un peu plus haut à chaque fois. Le modèle actuel a déjà cinq ans, mais BMW a pris bien soin de le faire évoluer au fil des ans en le gratifiant de plusieurs améliorations techniques et de retouches esthétiques.

Carrosserie

Rarement a-t-on vu, dans l'industrie de l'automobile, styliste aussi controversé que Chris Bangle. Si vous êtes allergique, je n'essaierai pas de vous convaincre, mais je considère la Série 5 comme la plus belle réalisation de l'Américain depuis qu'il a pris la direction du design de BMW. Belle sous tous les angles, c'est la mieux proportionnée, la moins tourmentée, aussi. Ces commentaires s'appliquent à la familiale Touring, dont la pureté des lignes fera tomber tous les préjugés que vous pouviez avoir envers ce qu'on appelait autrefois une station wagon.

Habitacle

À l'intérieur, c'est beaucoup plus sobre. Trop, même, si vous voulez mon avis. Les forces se situent plutôt au chapitre du confort et de l'habitabilité. Cette berline n'a jamais été aussi spacieuse, et l'on sent qu'elle a été conçue pour que son propriétaire se sente aussi bien à l'avant qu'à l'arrière. L'insonori-sation est par ailleurs remarquable. La présence de certains plastiques bon marché détone, et l'auteur de ces lignes a pu constater certaines irrégularités dans l'assemblage. La Série 5 hérite également du controversé système iDrive. Moins complexe que celui de la Série 7, on peut néanmoins se questionner sur son utilité. Il ne complique pas la vie du conducteur, mais il ne la simplifie pas non plus… L'idée était bonne - une seule mollette pour toutes les commandes - mais son application déçoit, car elle n'apporte rien de plus.

Mécanique

Les 6-cylindres en ligne de BMW sont de vieilles connaissances qu'on retrouve toujours avec bonheur. Et pour cause, puisqu'ils se situent parmi les meilleurs du monde. La cylindrée est la même dans les 528 et 535, mais celui de la seconde reçoit deux turbocompresseurs qui font grimper la puissance de 230 à 300 chevaux. Le couple et les accélérations procurent d'agréables sensations, mais le 3-litres atmosphérique de la 528 ne démérite pas : sa souplesse et sa discrétion impressionnent. Et il est moins gourmand, forcément… Un cran plus haut, il y a le V8 de 4,8 litres, mais là, on tombe dans une autre catégorie. Dans les faits, la question à poser, c'est : « Existe-t-il un meilleur V8 à l'heure actuelle dans l'industrie de l'automobile ? » Les boîtes de vitesses ne sont pas en reste et confirment l'excellente réputation, nullement surfaite, des « Béhèmes » sur le plan mécanique. Ça ne s'arrête pas là : un autre cran plus haut, il y a la délirante M5 avec son V10 de 500 chevaux. Cette fois, les performances sont carrément surréalistes et le comportement, encore plus sportif, grâce aux modifications apportées par les sorciers de la division Motorsport.

Comportement

Un seul mot résume le comportement d'une BMW Série 5 : équilibre. Aucune berline de luxe ne propose un mariage aussi heureux entre le confort et le comportement routier, même si certaines commencent à s'en approcher. La tenue de route se compare avantageusement à celle d'une véritable sportive, tandis que la douceur de roulement m'impressionne toujours autant. Mais c'est le dynamisme de cette voiture et les sensations qu'elle distille qui la distinguent de ses rivales.

Conclusion

Les BMW sont des voitures conçues pour ceux et celles qui aiment conduire. Mais rien n'est parfait, et on comprend mal que les options soient aussi nombreuses dans une voiture de ce prix. Sachez également que la fiabilité n'est pas toujours au rendez-vous. À ce chapitre, les marques de luxe japonaises (Acura, Infiniti, Lexus) font bien meilleure figure, mais aucune d'elles ne propose une expérience de conduite comparable. D'ailleurs, on dit que l'achat d'une voiture repose souvent sur l'émotion, et, en ce qui con-cerne la Série 5, c'est le mot-clé.

Deuxième avis : Pascal Boissé

Belle ou laide ? Le débat fait encore rage, et j'hésite à prendre position. Peu importe, la Série 5 projette une image forte et affiche une personnalité indéniable. Et ça, c'est une qualité. Par contre, si l'on fait abstraction de son moteur qui « chante » et de sa tenue de route exceptionnelle, la BMW Série 5 reste une berline assez ordinaire, offerte à un prix qui, lui, est absolument extraordinaire. De plus, la complexité du système iDrive m'insupporte au plus haut point : je ne comprends pas pourquoi BMW s'obstine à nous l'imposer. La vie est déjà assez compliquée et absurde, parfois, sans qu'on aggrave la chose avec de tels systèmes. À mon avis, BMW a gagné son pari en matière de design mais, à l'ère du iPhone, l'interface indéchiffrable du système iDrive est inexcusable.