Go to menu Go to content

Essais routiers

Audi A8 2009

Classe affaire

Par Pascal Boissé

Le vaisseau amiral de la marque Audi a fait l'objet d'un rafraîchissement l'an dernier. Cette berline de grand luxe a pour mission, depuis son apparition en 1997, de tirer l'ensemble de la gamme d'Audi vers le haut. Pour ce faire, l'A8 possède quelques atouts : une construction tout en aluminium, une suspension pneumatique, une transmission intégrale performante, un choix de motorisations impressionnant ainsi qu'un habitacle spacieux et parfaitement insonorisé.

Carrosserie

Les retouches aux formes classiques et fluides de la carrosserie de l'A8, qu'on doit au Québécois, Danny Garant, ont été très subtiles : l'ajout de feux arrière à diodes électroluminescentes (DEL) et de nouvelles roues. Sans oublier la calandre qui adopte maintenant l'imposant cadrage unitaire qu'on pouvait déjà voir sur d'autres produits Audi. Intemporelle et discrète, l'A8 continue de résister à la tentation du baroque ostentatoire auquel ont déjà cédé ses deux éternelles rivales que sont la BMW Série 7 et la Mercedes-Benz Classe S. La voiture affiche un coefficient de traînée extrêmement faible de 0,27 grâce, notamment, à un soubassement caréné qui atténue les remous sous la caisse. La structure en aluminium tridimensionnelle modulaire, à la fois soudée et rivetée, apporte des économies de poids de près de 200 kilos. Ce type de construction permet d'allonger l'habitacle du modèle A8L afin de gagner 13 centimètres aux places arrière.

Habitacle

L'acheteur d'une A8 peut personnaliser sa voiture en agençant la teinte des matériaux de garnissage, des cuirs somptueux et des placages de bois exotiques. Malgré tout cela, le niveau de confort et une qualité d'assemblage proche de la perfection, le design de l'habitacle paraît un peu trop austère. Le système télématique MMI contrôle la plupart des fonctions dans l'habitacle et possède une interface dont l'utilisation est bien plus intuitive que ce que proposent Mercedes-Benz et BMW. Les audiophiles apprécieront la chaîne audio Bang & Olufsen de plus de 1000 watts à 14 haut-parleurs. En option, l'A8 peut recevoir un compartiment réfrigéré avec bar intégré ou, encore, des sièges arrière avec fonction de massage munis de coussins d'appui escamotables pour les jambes, comme dans les cabines de première classe des lignes aériennes.

Mécanique

Audi a choisi de ne pas importer au Canada les versions les plus sobres de l'A8. Donc, pas de V6 de 2,8 litres à injection directe de carburant ni de moteurs diesel TDI, pour quelques temps encore, du moins… Puisque très peu de Nord-Américains semblent disposés à se départir de plus de 100 000 $ pour un véhicule muni d'un 6-cylindres, Audi a préféré nous réserver les motorisations les plus performantes : un V8 de 4,2 litres, un W12 de 6 litres et un V10 de 5,2 litres, dérivé de celui de la Lamborghini Gallardo, qui propulse la version musclée de l'A8, la S8. Tous ces moteurs sont d'un calme olympien en conduite normale; cependant, lors de fortes accélérations, le V10 émet un rugissement métallique impressionnant. Quant au W12, il pousse en silence comme si la motrice d'un TGV était venue s'appuyer sur le pare-chocs arrière.

Comportement

Conçue pour rouler en toute quiétude pendant des heures sur les autoroutes allemandes où la vitesse n'est pas limitée, l'A8 est apte à maintenir une vitesse de croisière de plus de 220 km/h. Dans ces conditions, elle se déplace paisiblement au sol plus rapidement que les avions et les hélicoptères de tourisme, pour la plupart, le font dans les airs. Rappelons cependant que l'A8 n'est pas un bolide de course mais bien plutôt une voiture de grand luxe. Sa suspension pneumatique à amortissement piloté adaptatif en continu se charge de rendre imperceptibles les plus petites irrégularités de la route. Par ailleurs, elle fait preuve d'une étonnante agilité en ville. En 2008, elle a reçu de nombreuses améliorations: la précision de sa conduite, le silence de roulement et la sécurité passive.

Conclusion

L'A8 est la voiture de choix pour les chefs d'État et des dirigeants d'entreprises pressés et discrets. Du moins, ceux qui ont le souci de se déplacer dans ce qu'Audi qualifie de « silence bienfaisant ».

Deuxième avis : Benoit Charette

Préférée de l'Annuel de l'automobile depuis longtemps, la grande berline A8 est sans doute l'une des voitures les plus efficaces de la production automobile actuelle. L'amortissement piloté assure un travail remarquable. Sur l'autoroute, rien ne vient perturber le bien-être des occupants. Aucun problème d'habitabilité n'est à signaler. Cinq personnes peuvent prendre leurs aises dans cet habitacle luxueux, et le coffre est suffisamment profond pour accueillir leurs bagages. L'ergonomie de la planche de bord est élaborée. Toutes les commandes tombent parfaitement dans la main. Elles sont de manipulation douce et faciles à repérer de nuit grâce à un faisceau lumineux. En matière de confort de suspension et d'insonorisation, l'A8 se place parmi les meilleures. Si seulement les Allemands arrivaient à faire des voitures aussi fiables qu'agréables, nous aurions avec cette A8, une voiture quasi parfaite.