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Essais routiers

Audi A6 2009

Le parfait compromis

Par Philippe Laguë

Du côté d'Audi, les choses vont plutôt bien. Les ventes augmentent année après année, l'éventail de modèles s'élargit régulièrement, et la marque cumule les victoires en course automobile. Pour couronner le tout, la fiabilité fait désormais partie du vocabulaire d'Audi. L'A6 illustre bien l'excellente santé de la marque aux anneaux.

Carrosserie

La carrosserie de l'A6 a été revue il y a quatre ans. On a, en gros, repris les grandes lignes du modèle précédent mais en prenant soin de les épurer. Le résultat est réussi : l'A6 s'est embellie dans le processus et elle vieillit en beauté. Évidemment, il faut s'habituer à la calandre massive qui trône à l'avant. L'A6 se décline en deux configurations, berline et familiale, mais les versions sont nombreuses et se différencient entre elles d'abord et avant tout par leurs motorisations.

Habitacle

Comme toujours, la décoration intérieure est une réussite : on est loin de la sobriété exacerbée qui a fait la réputation des allemandes, mais on ne sombre pas non plus dans l'excès ou le clinquant. Le tableau de bord propose une instrumentation bien garnie et facile à consulter. Le soir, l'éclairage rougeâtre fait son effet, sans pour autant agresser l'œil. Qu'il s'agisse de la finition, de l'ergonomie, du confort ou de l'habitabilité, l'A6 se situe dans le peloton de tête de cette catégorie ô combien relevée. Les sièges sont fermes mais confortables, dans la plus pure tradition germanique; sauf que les constructeurs allemands font maintenant la distinction entre fermeté et dureté. La familiale Avant brille autant par sa capacité de chargement que par son côté pratique. De plus, avec sa transmission intégrale, elle demeure la meilleure alternative aux VUS et autres véhicules multisegments. Audi semble cependant avoir pris le pli de Mercedes et de BMW en ce qui concerne les options, toujours plus nombreuses. Elles rendent encore plus salée une addition qui l'était déjà. Regrettable.

Mécanique

Dans le segment des berlines de luxe intermédiaires, le choix de deux motorisations, à 6 et à 8 cylindres, est la norme. L'A6 ne fait pas exception; dans les faits, sa version sportive, la S6, va même plus loin en proposant un V10. Celui-ci développe 435 chevaux, ce qui est plus qu'il n'en faut pour vivre des sensations inoubliables… et perdre son permis pour les 75 prochaines années. Sur une note plus réaliste, le V6 de 3,2 litres est en tous points conforme à l'excellente réputation de la marque sur le plan technologique. Ce moteur brille par sa souplesse et son silence de roulement, et il comblera les attentes de la clientèle visée. De plus, sa consommation est raisonnable, gracieuseté de l'injection directe FSI. Un cran plus haut, le V8 de 4,2 litres ne montre aucune faille : très souple et très élastique, il offre une vaste plage d'utilisation, avec un couple présent à tous les régimes. Il s'agit, sans l'ombre d'un doute, de l'un des meilleurs V8 de l'industrie de l'automobile. Le V6 et le V8 sont jumelés à une boîte de vitesses automatique à 6 rapports qui ne mérite, elle aussi, que des compliments pour son travail.

Comportement

Dans des conditions normales, l'A6 se montre rassurante en tout temps - plus rassurante que sportive, en réalité. Ses qualités dynamiques sont bien réelles : la tenue de route est rehaussée par un roulis parfaitement maîtrisé en virage et la motricité exceptionnelle du système quattro. L'A6 brille également par sa maniabilité, étonnante pour une voiture de ce format. On aimerait une direction un poil plus ferme, mais c'est bien tout ce qu'on peut lui reprocher.

Conclusion

Malgré ses solides prestations routières, l'Audi ne procure pas le même agrément de conduite qu'une BMW Série 5. Par son équilibre, elle se rapproche davantage d'une Mercedes. L'es-sentiel est néanmoins sauf : l'aplomb des berlines allemandes est là, et on est loin de la conduite engourdie et soporifique d'une Lexus ou d'une Volvo. Pour résumer, l'A6 incarne le meilleur compromis entre une BMW et une Mercedes, avec une fiabilité supérieure, presque comparable à celle des berlines de luxe japonaises. De plus, son système de transmission intégrale demeure une coche au-dessus de ceux des marques rivales, ce qui fait de l'A6 la championne de l'hiver.

Deuxième avis : Jean-Pierre Bouchard

Je parlerai surtout de l'A6 Avant, la familiale, que j'ai eu un grand plaisir à conduire. La carrosserie de la voiture est bien tournée, alors que l'habitacle est spacieux, bien aménagé et confortable. Le constructeur devrait, par contre, améliorer l'étanchéité aux bruits qui proviennent de la route. Le moteur de 3,2 litres montre une grande efficacité au moment d'accélérer et de dépasser et il fonctionne avec une incroyable douceur. La boîte de vitesses automatique DSG l'apparie parfaitement. De la conduite de cette voiture se dégage une impression de solidité. Les défauts : l'utilisation du système MMI perturbe inutilement l'attention du conducteur. De plus, les commandes du système de mon véhicule d'essai avaient été collées par un liquide sucré, ce qui aurait nécessité un remplacement du système. Mon souhait : l'ajout de versions à mécanique diesel. Autrement, une excellente voiture haut de gamme. L'ingénierie allemande opère.