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Essais routiers

Audi A3 2009

L'habit fait le moine !

Par Philippe Laguë

Sans tambour ni trompette, l'A3 est passée par l'esthéticienne pour 2009. Pas de refonte majeure, mais plutôt une remise à niveau qui lui permet de demeurer dans la course face à des concurrentes qui, elles aussi, aspirent toujours à l'éternelle jeunesse.

Carrosserie

Une subtile retouche de la calandre à l'image des autres produits de la famille, des boucliers ou encore des rétroviseurs qui intègrent à présent des répétiteurs de clignotants. Les fameux feux à diodes électroluminescentes (DEL), initiés par le coupé A5 et repris depuis par tous les autres modèles, sont également de la partie. Au total, l'A3 prend 2,5 centimètres en longueur.

Habitacle

À l'intérieur, c'est typiquement Audi, ce qui est une bonne chose, car les habitacles de ces voitures constituent une référence à tous les chapitres : assemblage, finition, présentation... C'est sobre sans être terne, avec une instrumentation complète et facile à consulter. On remarque également quelques petits changements cosmétiques destinés à donner une ambiance plus cossue. On note, pêle-mêle, quelques petites touches d'aluminium, un nouveau graphisme des cadrans et de nouvelles teintes intérieures, sans plus. Les sièges proposent un confort à l'allemande : leur rembourrage est ferme, certes, mais c'est indéniablement confortable, et le maintien est impeccable. À l'arrière, la banquette est encore plus ferme, et l'assise, plus droite, tandis que le dégagement est limité pour la tête et pour les jambes. La soute à bagages est correcte, sans plus ; mais au moins, le dossier de la banquette arrière peut se rabattre, et il y a un hayon, toujours pratique. Un irritant : les nombreuses options qui font rapidement grimper le prix, comme c'est trop souvent le cas des voitures allemandes.

Mécanique

Les deux moteurs sont ceux de l'A4, soit le 4-cylindres turbocompressé de 2 litres (200 chevaux) et le V6 de 3,2 litres (250 chevaux). Le premier fait amplement le travail, tant pour la puissance - 200 chevaux, pour une compacte, c'est plus qu'il n'en faut - que pour le rendement global. Ce moteur est souple et il consomme peu, du moins en usage normal. Et parmi les nouveautés de l'année, le système quattro réservé au seul V6 est maintenant offert avec le 4-cylindres. Si vous croyez que le V6 transforme l'A3 en bolide, détrompez-vous. La puissance est bien répartie et fort bien gérée par la boîte de vitesses automatique à 6 rapports, laquelle est un peu lente, ce qui a pour effet d'accentuer la paresse de ce moteur à bas régime. On peut toutefois éliminer cette impression en optant pour le mode séquentiel qui permet de passer les rapports manuellement au moyen de deux petits leviers de sélection de chaque côté du volant. Le freinage respecte également les standards germaniques, tandis que la transmission intégrale quattro est tout simplement la meilleure de l'industrie de l'automobile.

Comportement

Première constatation quand on se met en route : cette voiture semble coulée dans un seul bloc. Rigide, dites-vous ? Et comment ! Bien servie par ses dimensions compactes qui lui confèrent une belle agilité et par une direction parfaitement calibrée, l'A3 est un délice à conduire. Cette rigidité exceptionnelle lui confère une solide tenue de route, rehaussée d'un cran avec la transmission intégrale. La motricité devient alors phénoménale - si, si, phénoménale ! Ce comportement de haut niveau témoigne également de l'efficacité des suspensions. Toutefois, les dimensions compactes font ressortir la fermeté de l'amortissement, ce qui ne plaira pas à tous. Si le confort et la douceur de roulement sont vos priorités, vaut mieux regarder du côté de l'A4. Mais pour le plaisir, c'est l'A3 !

Conclusion

Au sein de la famille Audi, la petite A3 se démarque par son côté ludique. Le sérieux et la rigueur d'Audi sont néanmoins présents, tout comme la fiabilité, ce qui est une démonstration éloquente du chemin parcouru par cette marque depuis une dizaine d'années. Là où le bât blesse, c'est quand on regarde le prix qui se situe dans les mêmes eaux que celui de l'A4. Mais son allure d'enfer et son agrément de conduite suffiront à convaincre une certaine clientèle.

Deuxième avis : Michel Crépault

Comment ne pas aimer ce look ? On la sent compacte mais solide, sobre dans sa dégaine mais néanmoins nimbée d'élégance. Le spectre de moteurs de l'A3 dans le monde est impressionnant : aux dernières nouvelles, j'en comptais 10. Quand on considère que chaque version peut accepter la manuelle 6 vitesses, l'automatique S-Tronic ou le dispositif quattro, on obtient 32 combinaisons possibles ! Bon, pour nous, ça se limite aux 2.0T et 3,2 litres, version traction ou intégrale (avec le V6), mais on va les prendre quand même. En prime, la A3 possède un comportement et une cabine conçus pour le confort. Et on continuera à rêver de recevoir l'un des modèles alimentés au diesel et la très fulgurante S3...