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Essais routiers

Acura TSX 2009

L'intelligence avant la passion

Par Pascal Boissé

À l'instar de la génération précédente, l'Acura TSX 2009 est largement dérivée de la Honda Accord européenne, une voiture plus petite et plus nerveuse que ce qu'on connaît chez nous. Dans la gamme Acura, la TSX s'insère juste en dessous de la TL à titre de modèle d'entrée de gamme. Sa plus grande rivale sera probablement la Honda Accord V6; à un prix très comparable, l'Accord offre plus d'espace intérieur en plus de proposer le V6, ce que la TSX ne fait pas.

Carrosserie

Après des décennies d'égarement, Acura a finalement opté pour une calandre unique qu'elle généralisera à tous ses produits futurs. Cette calandre en forme de V, dominée par une large portion d'aluminium poli, est d'ailleurs le principal élément qui différencie la TSX de sa cousine européenne. Pour le reste, les lignes sont dynamiques, angulées vers l'avant avec des passages de roues bien affirmés. D'ailleurs, même si les voies ont été sensiblement élargies, ce qui se voit bien, la voiture n'a pas gagné beaucoup en dimensions. Le maillon faible d'Acura est certainement le manque d'inspiration chronique de ses stylistes, mais la TSX fait meilleure impression quand on la voit vraiment; les photos ne lui rendent pas justice.

Habitacle

La nouvelle génération de la TSX propose une version d'entrée de gamme munie de sièges en tissu. En poussant les roues vers l'extérieur, on a gagné de l'espace en largeur dans l'habitacle. L'aménagement et l'organisation des commandes ont été réalisés selon les règles de l'art, sans rien bouleverser des conventions établies. Malheureusement, la planche de bord, autrefois simple et élégante, fait maintenant place à un foisonnement désordonné de boutons (plus d'une cinquantaine) ce qui fait perdre à la TSX une partie de l'agrément que procurait le modèle précédent.

Mécanique

La TSX se contente d'un 4-cylindres en ligne puisque l'espace sous le capot n'a pas été prévu pour accueillir un V6. Alors, certains pourront émettre des réserves quant à la présence d'un 4-cylindres sous le capot d'une berline qui se dit sportive, mais notre essai routier dans les contreforts des montagnes Rocheuses nous a démontré le bien-fondé de ce choix. Ce i-VTEC de 2,4 litres propulse efficacement la TSX en lui procurant des performances satisfaisantes, même s'il doit parfois travailler avec ardeur en émettant un grondement rauque, assez éloigné du chant suave d'un V6. De plus, la consommation de carburant demeure très raisonnable, moins de 8 litres aux 100 kilomètres, même quand on pousse l'engin dans ses derniers retranchements. Pour encore plus de frugalité, il faudra attendre l'an prochain, alors que Acura importera la version à moteur diesel ultra propre, déjà offerte en Europe. Fidèle à sa devancière, la boîte de vitesses manuelle à 6 rapports est toujours d'une précision diabolique. On préférera cette boîte à l'automatique à 5 rapports, qui tire moins bien parti de la bande de puissance étroite du moteur, retravaillée cependant pour corriger le « creux » qu'on ressentait auparavant à bas régime.

Comportement

Le comportement routier de la nouvelle TSX profite des origines européennes de sa plateforme. Les voies élargies apportent de la stabilité à la voiture qui affiche plus d'assurance dans les enchaînements de virages serrés. Cependant, elle a peut-être perdu de ce petit côté nerveux et espiègle qu'on aimait bien. En résistant à la tentation de la munir d'un V6, les ingénieurs ont pu conserver la suspension avant à double triangle, une solution noble, inspirée de la course automobile. À une époque où tous les cons-tructeurs nivellent par le bas en imposant des trains avant du type MacPherson, on ne peut que saluer un tel choix.

Conclusion

La TSX 2009 s'adresse à l'hémisphère gauche de votre cerveau, siège du raisonnement logique. À défaut d'être belle ou envoûtante, elle réussit toutefois à être performante, luxueuse, sûre et agréable à conduire. De plus, grâce à sa consommation de carburant réduite au minimum et à sa mécanique solide et fiable, elle saura séduire avec des arguments solides et rationnels.

Deuxième avis : Benoit Charette

La 2e génération de TSX a perdu de son air juvénile pour embrasser une silhouette plus mature. Pour plusieurs, un seul coup d'œil ne sera pas suffisant; en effet, Acura, comme Honda, d'ailleurs, priorise la théorie des petits pas, une évolution sans secousse. Le conducteur sportif en moi a été un peu déçu du manque de puissance et de l'impression de lourdeur de la voiture qui a pris plus de 100 kilos par comparaison avec la précédente génération. Toutefois, à l'usage, la rigidité accrue de la plateforme et l'utilisation de nouvelles suspensions (à double triangulation à l'avant et à multibras à l'arrière) confèrent à la TSX un comportement stable et plus confortable. Il est vrai d'affirmer que la TSX a évolué, il faut simplement préciser dans quel sens. Il faut maintenant regarder la TSX comme une berline à orientation familiale plutôt que sportive.